Formation à la conduite en deux phases : 1500 permis à l’essai retirés par année

En moyenne annuelle, plus de 1500 des nouveaux conducteurs soumis à la période probatoire se font retirer leur permis à l’essai et près de 6900 voient leur période probatoire prolongée. En collaboration avec l’Association des services des automobiles (asa), le BPA propose un tutoriel afin d’aider les nouveaux conducteurs à obtenir leur permis définitif.

Depuis 2005, le permis de conduire pour motocycle ou voiture est délivré à l’essai. En effet, les nouveaux conducteurs sont soumis à une période probatoire de trois ans. Si, pendant cette période, ils commettent une infraction aux règles de la circulation routière entraînant un retrait de permis, ils voient leur période probatoire prolongée d’une année. En cas de récidive, leur permis à l’essai est annulé. En moyenne, ils sont chaque année près de 6900 à se retrouver dans la première situation et plus de 1500 à devoir recommencer leur formation à la conduite à zéro. Un nouveau permis d’élève conducteur peut être délivré au plus tôt un an après l’annulation du permis à l’essai et uniquement sur présentation d’un avis d’expertise psychologique.

La formation en deux phases et le permis de conduire à l’essai ont été introduits dans le but de réduire le nombre d’accidents, très élevé, touchant les nouveaux conducteurs. En effet, en raison du manque d’expérience et d’une plus grande propension au risque, le risque d’accident chez les 18-24 ans est particulièrement important. Même si les mesures mises en place portent leurs fruits, le risque de blessures graves ou mortelles en cas d’accident est de deux à quatre fois plus élevé dans ce groupe d’âge que chez les personnes âgées de 25 à 64 ans.

Le BPA a formulé dans un tutoriel produit en collaboration avec l’Association des services des automobiles (asa) les huit conseils ci-dessous. Le respect de ces derniers permettra aux jeunes conducteurs de réussir la période probatoire ou, autrement dit, de conserver le précieux sésame:

  1. Suivre le cours de formation complémentaire le plus tôt possible: durant ce cours, le jeune conducteur a l’occasion d’acquérir des techniques qui peuvent lui sauver la vie.
  2. Le but est le chemin: 40% des permis sont retirés à cause des dépassements de vitesse. En profitant tranquillement du trajet et en surveillant toujours son compteur, le jeune conducteur ne pourra pas par exemple prétendre qu’il n’a pas vu le panneau de limitation de vitesse.
  3. Garder l’œil ouvert et regarder la route: se laisser distraire au volant peut être fatal. En effet, un quart des accidents de la route graves sont dus à l’inattention ou à la distraction au volant.
  4. Respecter une plus grande distance: que ce soit en voiture ou à moto, maintenir une distance suffisante par rapport au véhicule qui le précède rend le conducteur plus visible et lui laisse le temps de réagir en cas d’imprévu.
  5. Penser pour les autres: conduire en partant du principe que les autres usagers de la route ne se comportent pas toujours correctement permet au nouveau conducteur d’éviter des situations dangereuses.
  6. Chiller au lieu de tuer: une conduite agressive et la surestimation de ses capacités augmentent considérablement le risque d’accident.
  7. Zéro alcool et zéro drogue: l’alcool et les drogues sont à l’origine de nombreux accidents mortels. Durant la période probatoire, les nouveaux conducteurs sont soumis à l’interdiction totale de conduire sous l’influence de l’alcool. La conduite sous l’emprises de drogue est interdite de manière générale, que ce soit durant la période probatoire ou plus tard.
  8. Ne pas faire n’importe quoi: bref, le jeune conducteur doit éviter de faire n’importe quoi pour ne pas risquer de perdre son permis. En respectant les sept conseils précédents, il réussira certainement la période probatoire. 

LAssociation Suisse des Moniteurs de Conduite ASMC se joint à ces conseils de comportement. Plus encore : pour les moniteurs d’auto-école professionnels, ce sont plus que des « conseils ». Il s’agit de règles qui doivent être respectées.

C’est aux moniteurs de conduite qu’il incombe d’enseigner ces règles. La politique et les autorités doivent leur fournir les outils nécessaires pour y parvenir.

Dans ces conditions, il semble une fois de plus douteux que le Conseil fédéral, lors de la révision de l’ordonnance réglant l’admission des personnes et des véhicules à la circulation routière OAC, ait réduit la formation continue obligatoire pour les nouveaux conducteurs en réponse à la pression politique. La deuxième journée de cours WAB, qui a été annulée en début d’année, a également porté sur l’enseignement des règles.

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